top of page
Rechercher

Nous refusons d’être enterréEs : validisme, institutionnalisation et violences d’État

Deux personnes manifestent, le poing levé, l’une tenant un mégaphone et criant des slogans. En haut, un texte en majuscules dit « LE VALIDISME TUE », avec « TUE » écrit en rouge vif.

Je suis paire-aidante en santé sexuelle et handicap. Je parle en tant que personne concernée, en tant que militante, en tant qu’opprimée dans un monde qui ne veut pas de nous.


Ce que je vois aujourd’hui, c’est une société qui se fascise, qui se durcit, et qui veut nous supprimer — nous, les personnes handicapées, malades, neuroatypiques, fols.

Nous ne sommes pas des citoyenNEs de seconde zone. Nous refusons d’être sacrifiéEs au profit des valides, des productivistes et des privilégiéEs.


Le validisme, racine des politiques d’austérité actuelles

Le validisme n’est pas un détail, ce n’est pas une “cause particulière”. C’est un système d’oppression structurant, qui place les corps valides et performants au sommet de la hiérarchie sociale, et nous relègue dans l’infériorité, l’inutilité, l’invisibilité.


Tout le reste découle de cette matrice : l’exclusion, la pauvreté organisée, la violence institutionnelle, la négation de nos droits.

Tant que le validisme ne sera pas abattu, aucune justice sociale n’existera réellement.


Institutionnalisation : une ségrégation organisée

On nous enferme dans des établissements spécialisés, psychiatriques, médico-sociaux. On appelle ça “protection”. Mais la réalité, c’est la privation de liberté, la ségrégation, les violences impunies.


Les ESAT, IME, FAM et autres structures dites “adaptées” sont présentées comme des solutions, mais elles ne sont rien d’autre que des lieux d’exploitation et de relégation.


La Convention de l’ONU le dit : nous avons droit à vivre dans la société, pas en marge. Pourtant, l’État refuse de fermer ces lieux contraires aux droits humains.


Et même dans les mouvements sociaux de gauche, on entend encore trop souvent : “il faut plus de places en établissement”. Non. Nous voulons vivre libres, pas enferméEs.


Violences sexistes et sexuelles

Être handicapéE, c’est être encore plus exposéE aux violences sexistes et sexuelles. Dépendance, institutionnalisation, précarité : tout cela crée un terreau où les agresseureuses prospèrent.


Et pourtant, nos luttes sont invisibilisées. Dans les discours féministes, nos voix sont trop souvent oubliées. Dans les discours antivalidistes, les violences de genre passent sous silence.


Nous refusons ce silence. Nous refusons cette impunité.


Pendant le Covid, nos vies ont été jugées inutiles

Nous n’oublions pas.

Quand les hôpitaux étaient saturés, l’État a organisé le tri des patients. Les valides, les “productif•ve•s” passaient d’abord. Nous étions reléguéEs en bas de la liste.

On nous a clairement dit : “vos vies valent moins.”


Ce n’était pas une erreur, ni un accident. C’était du validisme institutionnalisé. C’était l’eugénisme à visage découvert.


Une loi eugéniste sous couvert de “choix”

Aujourd’hui, le gouvernement veut faire passer une loi sur la “fin de vie”. On nous parle de “choix individuel”. Mais comment parler de choix, quand tout est fait pour nous pousser vers la mort ?


Quand les franchises médicales doublent, quand les médicaments sont déremboursés, quand les ALD sont menacées, quand la PCH et l’aide humaine sont sabrées ?


Ce n’est pas un droit. C’est un piège. C’est une politique eugéniste qui nous pousse vers le suicide assisté pour masquer la destruction des moyens de vivre dignement.


Les enfants ont droit à l’école

Les enfants handicapéEs ont le droit d’être scolariséEs dans les écoles ordinaires. C’est un droit fondamental.

Et pourtant, on continue à les exclure, à les parquer, à les invisibiliser.


Les AESH qui les accompagnent sont précariséEs, exploitéEs, menacéEs. Nous exigeons un statut de fonctionnaire, un emploi stable et digne.


L’école inclusive, ce n’est pas un slogan : c’est une obligation.


La précarisation comme arme

Le validisme d’État passe par la précarité organisée :

  • Doublement des franchises médicales.

  • Déremboursement des médicaments.

  • Menaces sur les ALD.

  • Baisse des prises en charge PCH.

  • Réduction des budgets pour les aides humaines.


Tout est fait pour nous appauvrir, nous épuiser, nous isoler, nous faire disparaître.


Bloquer, résister, lutter

C’est pourquoi nous disons : assez.


Le 10 septembre et après, aidez-nous à tout bloquer. Parce qu’il n’y a pas d’autre choix. Parce que la justice sociale ne se fera pas sans nous.


Chaque blocage, chaque manifestation, chaque acte de résistance est un acte vital.


Et pour celleux qui ne peuvent pas être présentEs physiquement, il existe mille façons de lutter :

  • alimenter les caisses de grève,

  • soutenir les syndicats,

  • faire grève de la carte bancaire,

  • communiquer massivement sur les réseaux.

  • soutenir les collectifs antivalidistes

  • lire le communiqué des Dévalideuses


Vos corps valides sont éphémères*

À celleux qui détournent le regard :

Un jour, vous serez malades, vieillissantEs.

Un jour, vous serez de notre côté.


Alors ne nous abandonnez pas aujourd’hui. Parce que c’est ensemble que nous arracherons la liberté. Parce que c’est ensemble que nous détruirons le validisme. Parce que nous voulons vivre. Pleinement.


Indignez-vous.


*Slogan antivalidiste de Rizzo Boring @rizzo_boring

 
 
 

Commentaires


bottom of page